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Pierre Lannier : Le pari réussi de la relocalisation en Alsace

La marque d’horlogerie Pierre Lannier confirme son ancrage territorial avec un investissement de 250 000 euros destiné à moderniser son atelier d’Ernolsheim-lès-Saverne.

Un retour aux sources spectaculaire

Alors qu’il y a une décennie, 80 % de la production était délocalisée à Madagascar pour faire face à la concurrence asiatique, la tendance s’est drastiquement inversée. En 2025, 82 % des montres sont assemblées dans l’atelier alsacien, qui emploie aujourd’hui 85 personnes. Selon son PDG, Pierre Burgun, cette dynamique de relocalisation concrétise une volonté historique de l’entreprise.

Modernisation et maintien du savoir-faire manuel

L’enveloppe de 250 000 euros a permis de rénover entièrement l’atelier et d’acquérir de nouveaux équipements à la pointe, tels qu’un laser de précision. Toutefois, Pierre Burgun rappelle que l’horlogerie reste un artisanat profondément manuel. L’automatisation a ses limites, et le véritable défi consiste à substituer une main-d’œuvre à bas coût par des emplois en France, où le coût du travail est nettement plus élevé.

Le compromis stratégique de l’accessibilité

Si l’entreprise a prouvé en 2022 sa capacité à produire du 100 % « Made in France » avec sa collection très haut de gamme « 1977 », cette exigence multiplie les prix de vente par dix. Pour que la marque classique Pierre Lannier reste abordable (avec des modèles dès 100 euros), un équilibre pragmatique a été trouvé : les montres sont intégralement imaginées, dessinées et assemblées en Alsace, mais certains composants demeurent importés d’Asie.